Cairole 2007
dimanche 16 mars 2008

Pour s’échapper dans les étendues célestes de la lumière, utile de disposer d’ailes et surtout des yeux d’ange ! Le peintre Cairole les possède-t-il ? Du moins, depuis toujours il emploie son talent à nous les offrir. Il en a fait sa spécialité. A travers une œuvre déjà longue.

Or ce talent suppose une joyeuse santé, une respiration accordée à l’ampleur aérienne où cet artiste nous guide. Qu’arrive-t-il quand le souffle, le pauvre souffle humain, devient chez l’explorateur, court et aléatoire ? Cet accident vient de se produire chez Cairole. Mais à peine sorti de l’hôpital, sa verve reste entière, son élan créatif encore plus impatient : en témoignent ses nouveaux tableaux. Nouveaux à plus d’un titre parce qu’on y découvre une évolution notable dans son œuvre.
Certes les petites dimensions (50x50) de ses récentes toiles s’accordent aux forces convalescentes de l’artiste. Surtout, ce format modeste change radicalement l’inspiration et la thématique habituelles parce qu’il engage naturellement à la confidence : autre exploration mais intime, cette fois ! Voilà qui bouleverse : sans abandonner sa coutumière palette d’aventurier céleste, Cairole l’ajuste à l’aveu de ses souffrances, de ses peurs, de sa résurrection – et cela donne des images jaillies comme des cris, éclatées, dramatiques et violentes. La couleur prend des accents de foudres, des profils de blessures, des inflexions d’écartèlement. De crucifixion ?

Alors cet artiste si longtemps attaché à une œuvre légère, impalpable, aérienne jusqu’au désincarné, prend soudain vigueur dans un lyrisme à l’écart des anges - sangs, colères, tremblements - et finit par témoigner fraternellement d’humanité.

