Le raisin d’après vendange : Octobre sur l’arbre !

mardi 3 juillet 2018
par  Robert Vigneau
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Depuis plus de trois décennies, je compose un calendrier de MES boissons ou nourritures pour présenter les vœux de saison aux francophones en mon cœur. Ces douze quatrains, un par mois, célèbrent des émotions, des parentèles ou des événements privés, lointains, disparates, parfois même si personnels qu’ils ont pu sembler obscurs aux récipiendaires.
En contrition, voici quelques précisions ou détails, souvent d’ordre intime ou familial, susceptibles d’éclairer le contexte de ces confidences. Et puis, ça me fait plaisir de raconter ces bribes. Cette fois, il s’agit de mes fruits sur l’arbre, calendrier de maraudes, paru en la fermentation de 1998. La plupart sont situés tant ils renvoient à des souvenirs précis qu’il me suffira donc ici d’évoquer …

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le raisiné d’octobre

 
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Le muscat qu’octobre grappille,
 
Nous rallumons la cheminée
 
Pour l’épaissir en raisiné
 
Tandis que les châtaignes grillent.

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La scène se passe à Albas, dans cette maison de village qui devint cocon des enfants. Ils l’ont toujours connue. Nos y revenions même aux saisons défraichies comme ces vacances de Toussaint comme on appelait autrefois les congés d’automne.

En octobre, les vignes sont vendangées, le vin a commencé son élaboration secrète, abeilles ou escargots disparaissent, les volets se ferment. Le village prend ses distances. Et pourtant il reste fort à faire : les vacances scolaires tombent à pic pour arpenter les campagnes, le panier à la main pour ramasser les châtaignes des fossés et surtout grappiller les vignobles.

Grappiller ? C’est un mot que nous autres citadins ne connaissions pas. Il signifie le droit qu’a tout un chacun de cueillir les grapillons négligés lors des vendanges, laissés verts sur les ceps, mais enfin devenus mûrs : mangeables ! L’équivalent de ce droit de glanage après moisson. En fait, sucrés des feux ultimes des saisons, ils offrent un jus lourd, épais qu’on réduit en cette confiture de raisin qu’on nomme raisiné. D’ailleurs introuvable ailleurs que dans les familles !

Et ce bonheur : au retour des explorations automnales, le feu monte dans la cheminée, le parfum des châtaignes rôties se mèle aux vapeurs de vigne, des silences d’enfants s’endorment sur mes genoux, l’amour cogne aux tempes. 1984

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Grapilleur de raisiné, Albas, 2015. Les traditions perdurent… 


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