Dans son premier recueil publié en 1947, distingué par la Bourse Fénéon de 1950, la jeune poète Lucienne Desnoues chantait le modeste bouquet garni des fricots !
Cette page devait rendre immédiatement notoire cette voix hautement gourmande. Déjà, on y perçoit cette éternité qui rayonne sous le quotidien…
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LE BOUQUET GARNI
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L’hiver captif gronde au fond des glacières.
Allez quérir les aloyaux vermeils !
Il est déjà dix heures au soleil
Et les cricris aiguisent la lumière.
Voici la viande à l’arôme engourdi ;
Pour l’embaumer les enfants ont cueilli
L’ardent bouquet des bonnes cuisinières.
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Le persil fol et le laurier sévère,
Le thym brûlant qui grille les zéphirs.
Enendez-vous l’huile rousse assaillir
Le bœuf saignant dans les cuisines claires ?
L’air se fleurit de fumets réveillés !
Pettis enfants, il est temps de lier
L’ardent bouquet des bonnes cuisinières.
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Sève de feu, suc vert, essence amère
Vont s’exalter dans les jus gazouilleurs
Et ranimer l’âme dun vieux bonheur
En déroulant la senteur familière
Qui pavoisait le matin des jeudis
Au temps léger où je cueillais aussi
L’ardent bouquet des bonnes cuisinières.
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Jardin délivré, éd. Raisons d’être, 1947.
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