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	<title>Robert Vigneau : le blog !</title>
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	<description>Mes coups de coeur et mes coups de sang sur tout et sur rien et r&#233;ciproquement.</description>
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		<title>Robert Vigneau : le blog !</title>
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		<title>La Guistoune</title>
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		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Quelle &#233;tonnante morphologie !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3573-23b97.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Guistoune&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce mammif&#232;re rongeur poss&#232;de &#224; peu pr&#232;s la taille, les pattes palm&#233;es et la morphologie amphibie de la loutre commune. Elle s'en distingue toutefois par son museau et sa dentition de rongeur ainsi que par son pelage ras d'un rouge sombre. Elle vit en colonies, creusant des terriers dans les tourbi&#232;res en bordure des &#233;tangs saum&#226;tres des hauts plateaux du Frach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se remarque surtout par son original appareil de circulation sanguine. En effet le sang de la guistoune bascule alternativement tant&#244;t &#224; droite, tant&#244;t &#224; gauche de son corps selon un rythme apparemment command&#233; par les astres, les saisons et les heures. Elle s'accorde ainsi au flux et au reflux des mar&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux fois par jour, ce sang soumis &#224; l'attraction lunaire, se presse dans une seule moiti&#233; du corps, alors rebondie, tum&#233;fi&#233;e, monstrueuse, tandis que l'autre d&#233;cav&#233;e, exsangue, se r&#233;duit au squelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six heures plus tard, le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces moments cruciaux, la guistoune se r&#233;fugie toujours dans son terrier. Elle &#233;chappe ainsi au danger mortel qui la menace, puisque sa physiologie lui interdit toute volte-face, au risque de bousculer son orientation. Elle ne peut que filer droit dans le sens - ou le contresens - de la rotation terrestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, les indig&#232;nes chassent la guistoune au moment o&#249; l'animal, press&#233; par ses redoutables mar&#233;es int&#233;rieures, rejoint son terrier. Ils tendent des filets devant ses pas. La guistoune s'y jette. On l'ach&#232;ve d'un demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux grandes mar&#233;es d'&#233;quinoxe, le sang lui d&#233;borde &#224; bouillons : des narines et des oreilles chez les m&#226;les, d'entre les pattes arri&#232;re chez les femelles. Ce trait permet de reconna&#238;tre les sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jours de vent, la guistoune se terre, prise d'&#233;pouvante. Des garnements l'obligent alors &#224; sortir de son repaire pour s'en divertir. Le sang de l'animal, trop sensible &#224; la m&#233;t&#233;orologie, se d&#233;cha&#238;ne en temp&#234;te et le ballote &#224; droite, &#224; gauche, dans tous les sens. Ces mouvements incoh&#233;rents lui tirent des g&#233;missements de douleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle prend l'air pitoyable de celui qu'une temp&#234;te habite, situation vraiment inconfortable ! Elle subit son existence. Elle n'a pas un geste pour se d&#233;fendre des taquineries. Cela tirerait des larmes &#224; d'autres qu'&#224; des enfants. Toutefois, les gamins la laissent aller libre apr&#232;s rire, alors qu'ils pourraient facilement la capturer toute &#233;tourdie. Mais les indig&#232;nes pr&#233;tendent que le vent tourne &#224; l'aigre les viandes de la guistoune. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela tient &#224; leur mani&#232;re de cuisiner tout vif cet animal : on se contente de l'assommer sans le saigner, on lui ouvre aussit&#244;t le ventre pour en arracher les entrailles qu'on remplace par une farce d'herbes et d'&#233;pices, puis on le r&#244;tit lentement au tournebroche plac&#233; devant un feu de tourbe. &#192; mi-cuisson, la peau glissera d'elle-m&#234;me. La moiti&#233; gorg&#233;e de sang donnera une sorte de boudin fum&#233;, fort nourrissant ; la moiti&#233; exsangue, de petites c&#244;tes grill&#233;es assez semblables &#224; de minuscules &lt;i&gt;texan style ribs&lt;/i&gt;, Cette viande montre souvent un fade go&#251;t de vase. Les &#233;pices et le feu le dissimulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de reproduction des guistounes reste encore tr&#232;s mal connu. Le chercheur am&#233;ricain Stefi ben Toh a reconstitu&#233; et observ&#233; en laboratoire ouvert, &#224; la Tsukushi University, le m&#233;canisme de leur accouplement assist&#233; par gravitation. Cette op&#233;ration ne se produirait qu'en plein air, les nuits de pleine lune et par ciel d&#233;gag&#233;. Le m&#226;le poss&#232;de au bas du ventre un organe &#233;metteur en forme de tuyau, &#233;lastique et r&#233;tractile. Il se couche sur le dos, dirigeant cet organe vers le z&#233;nith de l'orbite lunaire et attend que l'attraction y fasse affluer le sang au point de le durcir et de l'allonger. &lt;br class='autobr' /&gt;
La femelle vient alors, en posture assise, enfiler ce tuyau turgescent dans son organe r&#233;cepteur, cavit&#233; cylindrique situ&#233;e &#224; l'interstice de ses pattes post&#233;rieures. Puis les deux partenaires produisent de leurs corps des mouvements conjugu&#233;s de pompe aspirante. L'op&#233;ration semble co&#251;ter beaucoup d'effort aux partenaires &#224; en juger par leurs plaintes et leurs hal&#232;tements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune gestation n'a suivi cette exp&#233;rience. Il s'agissait toutefois de deux sujets de laboratoire, sortis de leur milieu naturel ; il convient donc d'admettre ces observations avec les r&#233;serves d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guistoune craint par dessus tout la foudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une l&#233;gende recueillie dans un campement paomi en Haute-Peonia fait allusion &#224; une m&#233;thode originale de capturer la guistoune aux &#233;quinoxes : on attendrait tout simplement que le d&#233;bordement du sang coagule et paralyse l'animal ! Cette technique invraisemblable ne repose sur aucune r&#233;alit&#233;, mais illustre, &#224; l'&#233;vidence, un mythe indig&#232;ne de la Cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;CI-CLOT&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L' ARCHIPEL&lt;/strong&gt;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>la Grolon</title>
		<link>http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3572</link>
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		<dc:date>2021-12-29T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Encore une merveille en la nature !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3572-72570.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La grolon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les vall&#233;es septentrionales du Narkos, pays du Cobuito, existe un animal invisible qui ne peut vivre qu'en parasite coinc&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'organismes vivants : la grolon. Sa forme, variable en fonction du milieu d'accueil, rappellerait assez celle d'une pieuvre sans t&#234;te, pourvue d'antennes ou tentacules en nombre ind&#233;termin&#233;, comme autant de racines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grolon, enti&#232;rement constitu&#233;e de muqueuses, n'aime rien tant que l'immobilit&#233; humide. Elle se concentre et ne vit que pour augmenter sa temp&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du feu ou du mouvement, la grolon a choisi le feu. Elle s'installe &#224; l'int&#233;rieur d'un corps &#233;tranger &#224; sang chaud et tire &#224; elle la chaleur que ce corps produit. Elle en aspire la temp&#233;rature et s'en repa&#238;t, semble-t-il. &lt;br class='autobr' /&gt;
Insatiable, elle fait alors pousser ses antennes &#224; la recherche de nouvelles sources de chaleur. &lt;br class='autobr' /&gt; - Tiens, allons voir du c&#244;t&#233; de la vessie, se dit-elle. S'il y avait des calories &#224; glaner par l&#224;-bas ? &lt;br class='autobr' /&gt; Et hop, elle glisse un tentacule en s'immis&#231;ant entre les organes jusqu'&#224; la vessie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois install&#233;e, ce tentacule, m&#234;me s'il ne d&#233;couvre aucune r&#233;colte de chaleur comme dans le cas de la vessie justement, organe non-calorig&#232;ne, la grolon ne peut plus le retirer, voil&#224; l'ennui. Elle devra m&#234;me la nourrir et lancera d'autres ramifications pour se procurer ce surcro&#238;t de chaleur n&#233;cessaire &#224; l'entretien des &#233;tablissements inutiles. Ainsi la grolon se r&#233;pand-elle rapidement gr&#226;ce &#224; cette facult&#233; de g&#233;n&#233;rer aveugl&#233;ment autant de prolongements qu'elle le d&#233;sire sans forc&#233;ment les utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les indig&#232;nes du Cobuito ne mangent pas la grolon. Ils n'ont pas invent&#233; de pi&#232;ges pour la capturer. &lt;br class='autobr' /&gt;
La grolon ne craint pas la foudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la grolon se reproduit-elle ? H&#233; bien, personne n'en sait encore rien. On comprend que, par sa nature parasitaire, immobilis&#233;e dans un corps &#233;tranger dont elle d&#233;pend strictement, la grolon ne puisse s'accoupler avec un partenaire. On ne lui connait aucune vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation a conduit le chercheur am&#233;ricain August Raichoor &#224; &#233;mettre l'hypoth&#232;se selon laquelle la grolon copulerait par truchement, &#224; la mani&#232;re des fleurs qui r&#233;pandent leur pollen par l'entremise des abeilles et des papillons. Dans le cas de la grolon, un virus banal, celui de la grippe par exemple, pourrait servir d'agent de transmission. Quel virus ? Cela reste &#224; trouver et surtout &#224; d&#233;montrer. On inventerait un vaccin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grolon ne se rassasie jamais de chaleur. En fait, son entretien n&#233;cessite une temp&#233;rature plus &#233;lev&#233;e que celle du corps qui l'abrite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi la grolon poss&#232;de-t-elle des fonctions qui lui permettent de d&#233;r&#233;gler la temp&#233;rature interne de l'organisme d'accueil : le corps parasit&#233; se voit contraint d'augmenter sa production calorique et d'entrer en &#233;tat de fi&#232;vre. Cette fi&#232;vre finira par le lasser : il s'&#233;puise, il s'&#233;teint, entra&#238;nant la grolon dans sa mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Nbi'nbilof</title>
		<link>http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3571</link>
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		<dc:date>2021-12-28T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;un arbre &#8230; migrateur ! Quel pied !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3571-cf962.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nbi'nbilof&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un arbre migrateur. Il ressemble assez au pal&#233;tuvier mais en plus majestueux. Il cro&#238;t entre les m&#233;andres du fleuve Rockel, dans ces mar&#233;cages du Poutou-poutou o&#249; se cachent des chasseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsque le fleuve entre en crue, au d&#233;but de la saison humide, le nbi'nbilof pousse ses racines dans le sol ameublie par l'inondation et s'&#233;loigne lentement vers les hauteurs. Il amorcera sa descente en sens inverse &#224; la fin de la saison des pluies, suivant les eaux qui baissent &#224; l'&#233;tiage. Ainsi dans une ann&#233;e, un nbi'nbilof parvient &#224; parcourir environ huit cents m&#232;tres aller-retour. Il se d&#233;place g&#233;n&#233;ralement trop lentement pour qu'on per&#231;oive son mouvement &#224; l'&#339;il nu. Les oiseaux nicheurs eux-m&#234;mes s'y trompent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chercheur am&#233;ricain Mohamed Nozawa a mesur&#233; la migration d'un sp&#233;cimen install&#233; en terrain marneux sur une rive plate, facilement inondable dans la cuvette de Poutou-poutou, en aval de Mbagbowaka. Cet arbre a parcouru 833 m&#232;tres en 21 jours lors de la migration de crue et en 26 jours en migration d'&#233;tiage. En vitesse de croisi&#232;re sous la pluie, cet arbre progressait de 2m41 &#224; l'heure ! Le m&#234;me chercheur a aussi d&#233;montr&#233; que le nbi'nbilof revient toujours exactement &#224; ses emplacements d'origine et que, lors de ses d&#233;placements, il prend des routes strictement identiques : en l'occurrence, chez ce v&#233;g&#233;tal, il s'agit donc bien d'une migration telle qu'on la d&#233;finit habituellement pour les oiseaux et autres esp&#232;ces animales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des nbi'nbilofs m&#226;les et des nbi'nbilofs femelles mais en d&#233;pit de leurs talents voyageurs, ils ne se rencontrent jamais. Aussi se servent-ils de gu&#234;pes et de papillons pour se reproduire. Les m&#226;les portent les nids de gu&#234;pes, les femelles les chrysalides de papillons. Ils laissent &#224; ces insectes, tout le soin de mettre en &#339;uvre l'engendrement. On ne sait s'il en tirent du plaisir et basta sur cette question puisque finalement le nbi'nbilof ne produit que des fruits st&#233;riles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces petites figues, charnues, d'un joli rose p&#226;le, ne portent ni graine ni p&#233;pin susceptibles de donner naissance &#224; de jeunes plants. Pour leur reproduction, les nbi'nbilofs d&#233;pendent donc des vents et surtout de la foudre. Les tornades font tomber des branches assez vigoureuses pour s'enraciner dans la boue du rivage avant de s'&#233;tablir, lors d'une migration saisonni&#232;re &#224; leur emplacement adulte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le nbi'nbilof, pourquoi existe-t-il ? Cet arbre ne sert &#224; rien. Du moins, les indig&#232;nes du Poutou-poutou, fort ing&#233;nieux pourtant, n'ont rien su en tirer : ni boisson ferment&#233;e de ses figues am&#232;res, ni combustible ou mat&#233;riau de construction de son bois rebelle et tourment&#233;, ni vertu m&#233;dicinale de ses feuilles rondes et coupantes. M&#234;me pas des paniers de son &#233;corce trop friable. Les singes boudent ses fruits, tout juste bons &#224; se laisser ronger par les vers qui donneront les papillons n&#233;cessaires aux f&#233;condations de leurs fleurs st&#233;riles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, les indig&#232;nes croient que l'ombre du nbi'nbilof attire les crocodiles. Cette l&#233;gende sans fondement repose sur une simple constatation : le saurien partage avec ce seul arbre le m&#234;me biotope. Les indig&#232;nes prennent donc bien soin de s'&#233;carter de son chemin et en ce sens, en effet, le nbi'nbilof se r&#233;v&#232;le utile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce v&#233;g&#233;tal singulier demeure mal connu. Que mange-t-il ? Quand dort-il ? A-t-il envie de revoir Paris ? Cong&#233;s pay&#233;s &#224; la mer ou &#224; la montagne ? Et l'angoisse ? Et son opinion sur Mozart ? Le marxisme-l&#233;ninisme quand on le chatouille ? &#201;prouve-t-il la vanit&#233; du monde : tout confine &#224; la vanit&#233; , y compris le sentiment de cette vanit&#233; m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment, un ab&#238;me d'interrogations sans r&#233;ponses, le nbi'nbilof.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Glance</title>
		<link>http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3570</link>
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		<dc:date>2021-12-27T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les Anti-nature&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3570-2809d.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Glance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La secte des Arastes n'admet que les hommes. Leurs pontifes re&#231;oivent le sacerdoce en se faisant publiquement castrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette secte professe que Satan a seul cr&#233;&#233; le monde, pi&#233;geant ainsi l'Esprit, flottante &#233;manation d'un dieu cr&#233;ateur, dans la gangue de la mati&#232;re diabolique. Ils jugent donc la nature pernicieuse et s'attachent &#224; la supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'interdisent &#233;videmment toute reproduction, susceptible de perp&#233;tuer la cr&#233;ation. Aussi repoussent-ils les femmes, dont le ventre &#339;uvre pour Satan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Arastes s'enferment en communaut&#233; dans la Glance, vaste presqu'&#238;le form&#233;e par un m&#233;andre du Rockel. Ils en ont jadis achet&#233; une &#224; une les terres et chass&#233; les anciens occupants pour s'y &#233;tablir exclusivement. La boucle du fleuve et une haute muraille de basalte les d&#233;fendent aujourd'hui de toute intrusion femelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis toujours, les animaux domestiques eux-m&#234;mes devaient suivre cette r&#232;gle : on n'y tol&#233;rait que des m&#226;les coup&#233;s. Hormis chez les mouches, les taupes ou les corbeaux, esp&#232;ces incontr&#244;lables, il ne se produisait aucune naissance dans la Glance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'y buvait jamais de lait. D'ailleurs, les Arastes pr&#233;f&#232;rent les viandes comme nourriture, leurs repas c&#233;l&#233;brant ainsi, par la mise &#224; mort d'une cr&#233;ature cuisin&#233;e en rago&#251;t ou d&#233;vor&#233;e crue, le recul de la diabolique cr&#233;ation universelle. Les abattoirs servaient de temple. On s'agenouillait dans le sang. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autrefois, les Arastes vivaient na&#239;vement de travaux d'agriculture mais venue avec les envahisseurs, une importante r&#233;v&#233;lation bouleversa leur condition : l'ouvrage d'un savant su&#233;dois leur enseigna que les plantes, elles aussi, disposent d'organes m&#226;les et femelles, que le pistil, les &#233;tamines, le pollen organisent la reproduction&#8230; Ils apprirent que les fleurs constituent le sexe des plantes. Depuis, ils d&#233;testent les fleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au printemps, la vue d'un cerisier &#233;panoui, dont la blancheur les plongeait nagu&#232;re dans un innocent ravissement de puret&#233;, ne soul&#232;ve plus que de l'horreur : ils y voient d&#233;sormais un v&#233;g&#233;tal h&#233;riss&#233; de vagins ouverts aux caresses des abeilles, de p&#233;nis tendus entre les fragiles p&#233;tales &#233;cart&#233;s comme des cuisses, toute une sarabande obsc&#232;ne ! Le d&#233;licat parfum des orangers, ph&#233;romone fourbe, &#233;quivaut aux puanteurs d'ammoniac d&#233;gag&#233;s par les pubis en rut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arastes abattirent alors leurs vergers. Ils an&#233;antirent les ormaies &#224; samares, les ch&#234;nes porteurs de glands, les bosquets &#224; ch&#226;taigniers&#8230; Ils maudirent la tomate, la fraise et le potiron. En quelques saisons, la presqu'&#238;le de Glance devint une lande rase o&#249; les moutons de boucherie erraient dans une lumi&#232;re sans ombre. Les novices, beno&#238;tement agenouill&#233;s sur le p&#226;turin, tranchaient les pissenlits en boutons, les tiges des scabieuses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des ans, la v&#233;g&#233;tation ainsi brid&#233;e se rar&#233;fia. Le b&#233;tail disparut &#224; son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aujourd'hui, seulement des plaques de chiendent d&#233;rivent entre les sables d'alluvions. Le soleil br&#251;le. Les Arastes, amaigris, se nourrissent d'oiseaux &#233;gar&#233;s et de goujons qu'ils pi&#232;gent. Ils se jugent b&#233;nis de souffrir de la faim. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi aper&#231;oivent-ils la Glance aujourd'hui, les touristes venus en autocars et qu'on admet au haut de la muraille de basalte moyennant un prix d'entr&#233;e. Ils photographient les derniers fid&#232;les de la secte, errant fam&#233;liques dans leur d&#233;sert en instance. Une ou deux fois par &#233;t&#233;, cependant, un touriste atteint d'&#233;garement mystique se pr&#233;cipite de l'autre c&#244;t&#233; pour se faire moine. Les cris d'une m&#232;re, les pleurs d'une &#233;pouse ne le ram&#232;neront pas. L'autocar repartira sans lui. Les Arastes l'ont accueilli avec enthousiasme et se d&#233;p&#234;chent de le manger encore gras.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Divinit&#233;s mikaroises</title>
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		<dc:date>2021-12-26T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'embarras du choix !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3569-8298c.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Divinit&#233;s mikaroises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quels dieux adorent les indig&#232;nes du Mikar ? De toutes les fantaisies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque &#238;le, le sien. Parfois m&#234;me plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Frachiniens adorent souvent le vent, divinit&#233; tout &#224; fait en accord avec leur obsession culinaire des bulles, comme nous l'avons vu. Leur religion se nomme l'a&#233;rodoxie dont le dogme &#233;tablit que le Tout-Puissant, gazeux de nature, se manifeste dans les mouvements de l'impalpable transparent. Ce qui, en corollaire, leur fait tenir les rots et les pets pour de v&#233;n&#233;rables expressions du sacr&#233;. Un p&#233;tomane a rang de pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur culte ordinaire, les d&#233;vots frachiniens montent en procession traquer les rafales &#224; la cr&#234;te des combes. Ils s'alignent face aux avenues du ciel. Ils s'engouffrent dans les bourrasques : leurs sarongs claquant aux reins, ils ouvrent les bras pour &#233;treindre les temp&#234;tes. Ils ruissellent sous les pluies et s'enrhument bient&#244;t. Qui &#233;ternue re&#231;oit la b&#233;n&#233;diction supr&#234;me : le vent traduit ainsi la mansu&#233;tude divine. Lorsque l'un d'eux, en oraison d&#233;racin&#233;, s'abat &#224; terre, les A&#233;rodoxes rient beno&#238;tement. Encore plus satisfaits si le pauvre meurt aussit&#244;t : le vent c&#233;leste, croient-ils, vient d'emporter son &#226;me au paradis. Quelle chance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Narkossis v&#233;n&#232;rent une odeur, celle d'une vestale. Cette derni&#232;re, les pr&#234;tres la choisissent encore enfant d'apr&#232;s les horoscopes et des traits physiques, signes &#233;vidents de prosp&#233;rit&#233; : il faut que la fillette poss&#232;de des l&#232;vres &#233;paisses, une croupe abondante et de larges pieds. Elle sera &#233;lev&#233;e au temple, nourrie exclusivement de viande crue sauvage, de cresson et de bi&#232;re de mangue. Le jour o&#249; elle devient nubile, on met &#224; mort celle qui la pr&#233;c&#233;dait dans la production d'odeur divine ; &#224; son tour, elle entre en fonctionnement. On l'introduit dans une sorte d'alambic expos&#233; en plein soleil. L&#224;, elle transpire d'abondance. Les pr&#234;tres recueillent cette sueur dans de menus flacons de verre bleu, bouch&#233;s avec soin. Attention ! Pour les th&#233;ologiens narkossis, dieu ne se r&#233;v&#232;le ni dans cette vestale ni dans sa sueur mais seulement dans &lt;i&gt;l'odeur &lt;/i&gt; de cette sueur. La vierge et son exsudation ne constituent que des chemins mat&#233;riels utilis&#233;s par le Tr&#232;s-Haut pour se rendre sensible aux humains - car seule une odeur peut vraiment approcher et exprimer l'impalpable de la divinit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les pr&#234;tres vendent les flacons bleus aux fid&#232;les qui les renifleront pendant leurs d&#233;votions. Ainsi cette religion avantage-t-elle les riches : plus on peut acheter de flacons bleus, mieux on acc&#232;de &#224; dieu. Les Narkossis consid&#232;rent donc comme un devoir de gagner de l'or et se consacrent surtout au n&#233;goce, consid&#233;r&#233; comme l'activit&#233; la plus rapidement lucrative. Mais on tient aussi les voleurs en grande estime d&#233;vote, surtout ceux qui r&#233;ussissent &#224; s'enrichir rapidement par une escroquerie bien conduite. Un meurtre ne soul&#232;ve gu&#232;re d'objection si le profit en passe &#224; l'achat de petits flacons bleus car innombrables s'ouvrent les voies vers dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Samulites adorent une divinit&#233; d&#233;c&#233;d&#233;e. L'id&#233;e peut surprendre : comment un dieu peut-il mourir ? Mais les th&#233;ologiens samulites expliquent gravement que, depuis, ce dieu a habilement ressuscit&#233; et qu'il n'avait connu la souffrance et la mort que pour d&#233;livrer les hommes du malheur. Comment la mort du Cr&#233;ateur peut-elle effacer les imperfections de sa cr&#233;ation, voil&#224; un myst&#232;re que les Samulites jugent si aveuglant d'&#233;vidence qu'ils ne se risquent jamais &#224; l'expliquer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces Samulites r&#233;v&#232;rent d'ailleurs leur divinit&#233; sous la forme d'une fourmi ail&#233;e. Leur dieu aurait pris cette apparence d'insecte par humilit&#233;, pr&#233;tendent-ils. Cette Sainte Fourmi aurait &#233;lu domicile dans l'oreille d'un proph&#232;te, se nourrissant de son c&#233;rumen et dictant &#224; son tympan les Nouvelles R&#233;v&#233;lations, cette loi d'amour qu'il plaisait au Tout-Puissant d'accorder &#224; ses fid&#232;les. Par exemple, il leur interdisait de manger les insectes, tous les animaux carnivores et les plantes de couleur bleue. Il enjoignait aux hommes de s'aimer les uns les autres et, au besoin, de r&#233;pandre ce doux principe par la guerre sainte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Finalement, pour d'obscures raisons politiques, on crucifia le proph&#232;te habit&#233; de la Sainte Fourmi. Cette derni&#232;re mourut engloutie sous un flot de vinaigre : un soldat, d&#233;sirant soulager les souffrances du proph&#232;te supplici&#233;, lui tendit au bout d'une lance une &#233;ponge imbib&#233;e de piquette. Malheureusement, il rata les l&#232;vres du malheureux, l'&#233;ponge vint s'&#233;craser contre son oreille, provoquant la noyade de la divine Fourmi. Elle ressuscita quelques jours apr&#232;s, divinit&#233; oblige, mais pour s'envoler vers le ciel comme ses ailes l'y disposaient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Samulites montrent beaucoup d'assurance et leurs th&#233;ologiens ont compos&#233; de nombreux ouvrages d'agit-prop sur ces saintes R&#233;v&#233;lations, sur la divinit&#233; de la sainte Fourmi, sur la symbolique attach&#233;e &#224; cette sainte Histoire, etc. si bien que cette extravagante mythologie en devint commun&#233;ment admise, ce qui autorise ses d&#233;vots &#224; traiter d'imb&#233;ciles ceux qui ne croient pas &#224; des fables aussi d&#233;raisonnables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;ticapolins, eux, se r&#233;galent &#224; inventer des sectes. Ils n'estiment aucun passe-temps plus agr&#233;able. Aussi, les communaut&#233;s abondent-elles dans leur &#238;le. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une ob&#233;dience honore le syst&#232;me pileux, par exemple. Ce dogme fait obligation aux hommes de ne jamais se raser, aux femmes de dissimuler cheveux et sourcils. Ainsi selon les sexes, se mesurent d&#233;votion et vertu. Ils pourchassent les hermaphrodites et les femmes &#224; barbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle autre secte raffole du chapeau. On y pr&#234;che que dieu d&#233;teste les t&#234;tes d&#233;couvertes, signe de d&#233;vergondage. Il exige qu'on l'adore coiff&#233; : bonnets, toques, voiles, turbans, calottes, perruques donnent juste valeur aux oraisons qui montent jusqu'au ciel. Ce rite fait la fortune des modistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une secte v&#233;g&#233;tarienne condamne la couture. Ses adeptes s'entortillent de draperies non-cousues. De plus, ils ne mangent jamais de l&#233;gumes m&#251;ris sous terre. Interdits carottes et oignons ! Et tout se consomme cuit pour &#233;chapper aux d&#233;mons qui selon eux, fabriquent des aiguilles au dessous des labours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus banales les sectes qui adorent un champignon divinement aphrodisiaque, ou le sable lumineux d'un m&#233;andre infest&#233; de larves phosphorescentes ou les fumerolles hallucinog&#232;nes d'un lac volcanique ou m&#234;me les traces du feu sur des pots d'argile&#8230; On n'en finirait pas de recenser ces avatars du surnaturel. Que n'ont pas invent&#233; les humains pour ajuster leur besoin de pri&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; acharn&#233;s &#224; improviser tant de sectes farfelues, certains &#201;ticapolins br&#251;lait pourtant de se convertir &#224; une grande religion internationale. Question de dignit&#233; ! Ils appel&#232;rent donc les missionnaires &#233;trangers. Les grandes confessions pros&#233;lytes de rappliquer illico. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Musulmans vinrent en premier leur proposer les r&#233;v&#233;lations du saint Coran. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment adorer un dieu si grand qu'il ne propose aucun visage ? demand&#232;rent cependant les cat&#233;chum&#232;nes &#201;ticapolins aux ul&#233;mas. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi frapper le sol de notre front cinq fois par jour ? Si ce geste plaisait tellement au Tout-Puissant, il para&#238;t &#233;vident qu'il nous aurait cr&#233;&#233; avec le front sous la plante des pieds pour en tirer agr&#233;ment d&#232;s que nous avan&#231;ons d'un pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, votre dieu ordonne d'aller tourner autour d'une myst&#233;rieuse pierre noire emball&#233;e dans une ville inconnue au fond d'un lointain d&#233;sert ! Ce genre de d&#233;tail convient-il &#224; une religion &#224; vocation universelle ? Ce genre de p&#232;lerinage n'a rien &#224; voir avec notre vie v&#233;ritable au beau milieu des arbres. Non, nous ne pouvons adopter vos pr&#233;ceptes si d&#233;raisonnables. &lt;br class='autobr' /&gt;
On voit bien par ces objections pu&#233;riles que les &#201;ticapolins n'avaient pas encore acquis la maturit&#233; n&#233;cessaire au monoth&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les missionnaires chr&#233;tiens se pr&#233;sent&#232;rent alors. Examinez notre dieu dirent-ils : sous sa barbe, J&#233;sus poss&#232;de un visage empreint de compassion, lui, et il propose un message d'amour universel.&lt;br class='autobr' /&gt; Les pr&#234;tres montr&#232;rent le Christ en croix. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;ticapolins firent la grimace. Pourquoi avez-vous clou&#233; votre dieu sur deux poutres ? s'&#233;tonn&#232;rent-ils. Comment pourrait-il nous aider s'il ne se trouve m&#234;me pas capable d'emp&#234;cher que vous le pi&#233;giez ainsi ? Lui, un dieu tout-puissant ? Apparemment, vous voulez rire !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Chr&#233;tiens n'eurent donc aucun succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel dieu adopterons-nous, alors ? se d&#233;solaient les notables &#201;ticapolins . Nous disposons de banques, de la Poste, d'institutions modernes, m&#234;me de t&#233;l&#233;phones portables ; il nous faut aussi un dieu honorable pour faire bonne figure de civilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un docte qui avait voyag&#233; leur parla alors de l'hindouisme. Le monoth&#233;isme de cette religion s'incarnait dans un foule de divinit&#233;s, la plupart &#224; visage humain et m&#234;me parfois &#224; faces animales. Il n'y avait qu'&#224; choisir celle qui convenait le mieux. De plus, ces &#201;ternels hindous-l&#224; se contentaient de nourriture d&#233;pos&#233;e au pied de leurs statues : tr&#232;s simples d'usage ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tiens, tiens ! se dirent les notables. Leur enthousiasme culmina lorsque le docte voyageur leur annon&#231;a encore que les dieux brahmanes poss&#233;daient tous au moins six bras. &lt;br class='autobr' /&gt; - Tout &#224; fait ce qu'il nous faut ! Six bras ! Voil&#224; des dieux actifs, et qui certainement ne rechignent pas au bricolage ! &lt;br class='autobr' /&gt; - Quels dieux mod&#232;les ! Ils conviennent &#224; notre temps technicien ! &lt;br class='autobr' /&gt; - Qu'on envoie chercher des missionnaires qualifi&#233;s sur les rives du Gange ! ordonna le Pr&#233;sident. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une exp&#233;dition partit pour B&#233;nar&#232;s. Les brahmanes contact&#233;s demand&#232;rent tout d'abord &#224; quelle caste appartenaient ces convertis en instance. &lt;br class='autobr' /&gt; - Aucune, leur r&#233;pondit-on. L'id&#233;e, le mot m&#234;me de caste n'existe pas chez &#201;ticapolins. &lt;br class='autobr' /&gt; - Comment est-ce possible ? Mangent-ils de la vache, alors ? demand&#232;rent-ils encore. &lt;br class='autobr' /&gt; - Ils ne feraient pas les difficiles, mais il n'y a pas de vache dans leur &#238;le. Alors ils mangent du sanglier. Ce gibier co&#251;te fort cher l&#224;-bas et ils ne peuvent pas s'en r&#233;galer plus de deux, trois fois par an. &lt;br class='autobr' /&gt; - Du sanglier ? Qu'appelez-vous sanglier, demand&#232;rent les brahmanes. &lt;br class='autobr' /&gt; - H&#233; ! une sorte de cochon sauvage. &lt;br class='autobr' /&gt; - Du cochon, horreur ! Des intouchables, alors ! se r&#233;cri&#232;rent les savants pandits. Nous ne pouvons pas les accepter comme fid&#232;les de nos dieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, aucun missionnaire hindou ne se r&#233;solut &#224; venir convertir les &#201;ticapolins qui finalement se consacr&#232;rent au culte universel de l'Automobile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rituels fun&#233;raires</title>
		<link>http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3568</link>
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		<dc:date>2021-12-25T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les jours rallongent, parait-il !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3568-00485.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rituels fun&#233;raires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Rifons vivent entre des ravins rocheux o&#249; s'ouvre en altitude un trou d'eau charg&#233;e de sel, dont les vivants s'effraient. Ils appellent ce gouffre d'ombre : &#034;l'&#339;il de l'&#233;ternel&#034;. Parfaitement circulaire, il refl&#232;te l'imperturbable bleu du ciel dans une profondeur de regard, que nul jamais n'a mesur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui observe cette eau depuis un promontoire, aper&#231;oit des formes blafardes remonter des profondeurs bleues et onduler en surface. On croit voir des serpents. Ils ouvrent des gueules aux dents carnassi&#232;res. Leurs flancs s'ornent de nageoires. En r&#233;alit&#233;, iI s'agit de poissons, du genre mur&#232;nes, albinos probablement. Comment ces fauves marins se trouvent-ils pi&#233;g&#233;es depuis des mill&#233;naires en ces sommets basaltiques ? Nul ne l'explique . Les Rifons, si &#233;trangers &#224; tout ce qui ressort de l'aquatique, les tiennent pour des cr&#233;atures de l'au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi utilisent-ils cet &#034;&#339;il de l'&#233;ternel&#034; comme cimeti&#232;re. Ils y d&#233;posent leur morts, jet&#233;s nus aux mur&#232;nes blanches. Elles saisissent les corps, les broient et les entra&#238;nent d&#233;chiquet&#233;s dans l'inconnu. Les Rifons croient que ces voraces emm&#232;nent aussi les &#226;mes mais que ces derni&#232;res, impalpables, r&#233;sistent aux dents carnassi&#232;res, glissent dans les profondeurs et se conservent pour l'&#233;ternit&#233;, press&#233;es en strates dans la saumure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette croyance explique que les Rifons honorent les &#226;mes d&#233;funtes sous la forme d'&#233;clats d'ardoise, sur lesquelles ils d&#233;posent une pinc&#233;e de sel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Volves, eux, situent l'&#226;me dans les yeux. &lt;br class='autobr' /&gt; - Quand une personne passe de vie &#224; tr&#233;pas, que son &#226;me quitte son corps, l'&#339;il ne se paralyse-t-il pas aussit&#244;t ? Le regard se ternit, remarquent-ils sagement. II abandonne son orbite, &lt;br class='autobr' /&gt;
De l&#224;, leurs rituels fun&#233;raires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus t&#244;t possible apr&#232;s le d&#233;c&#232;s, un pr&#234;tre retire les deux yeux du cadavre et les place dans deux &#339;ufs de poule frais pondus, soigneusement d&#233;coup&#233;s et dont il a retir&#233; les jaunes en les aspirant avec une paille. Il reconstitue ensuite les &#339;ufs en assemblant les d&#233;bris de coquille avec de la cire avant de les ensevelir solennellement dans le jardin de famille. Cet enterrement des yeux, avec pri&#232;res, cantiques, fleurs et larmes, sacrifice d'un coq, youyous d'adieu, toute la pompe requise, constitue v&#233;ritablement la c&#233;r&#233;monie des fun&#233;railles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cet office, des &#233;boueurs d&#233;barrassent le corps et vont sans m&#233;nagement le jeter aux ordures dans le charnier villageois, &#224; l'&#233;cart des chemins, un rep&#232;re hant&#233; par les hy&#232;nes, les rats, les vautours et autres charognards, qui le font vite dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque case volve poss&#232;de son jardin potager, juste derri&#232;re la v&#233;randa des cuisines. Les femmes seulement en assurent l'entretien. Elles y r&#233;servent une plate-bande en friche, qu'elles r&#233;servent aux yeux des morts dans leur cercueil de coquille. L&#224;, elles jettent les cailloux que leur b&#234;che retire sagement de la terre. Dans ces rebuts, il ne pousse g&#233;n&#233;ralement que du chiendent sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, avant de rejoindre leur &#233;poux, elles s'y tiennent debout, longuement. Elles &#233;cartent les jambes. Elles soul&#232;vent leur par&#233;o. Et de m&#234;me, &#224; l'aube, au saut de la couche conjugale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nuit et jour basculent, les &#226;mes de d&#233;funts &#233;manent de cette plate-bande fun&#232;bre, croit-on. Que l'une de ces &#226;mes s'&#233;vapore dans le monde des vivants, elle cherchera un corps en instance. Aussi, p&#233;n&#233;trera-t-elle dans un ventre de femme enceinte qui, jambes &#233;cart&#233;es, lui offre la m&#234;me voie qui permit la f&#233;condation du foetus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi les Volves croient-ils assurer la transmigration des &#226;mes dans le giron familial. Naturellement, cette th&#233;orie justifie &#224; la perfection les ressemblances h&#233;r&#233;ditaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gourmandise a conduit les Frachiniens &#224; instituer un culte des anc&#234;tres vraiment original : ils transforment leur morts en charcuterie. Ils pensent leur rendre ainsi la plus savoureuse r&#233;v&#233;rence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque grand-m&#232;res et grands-p&#232;res s'avouent fatigu&#233;s et qu'effectivement la famille voit ralentir leur enthousiasme &#224; s'activer, les plus jeunes redoublent &#224; leur &#233;gard de soins et de d&#233;f&#233;rences. On les nourrit d'abondance ; on leur apporte tout m&#226;ch&#233;s les morceaux les plus gras. On leur offre des paniers de fruits rares, des jattes de compotes choisies. On va cueillir pour eux des champignons sauvages. On leur r&#233;serve les alcools les plus parfum&#233;s. Des coqs en p&#226;te ! On les tente de toutes les friandises pour qu'ils engraissent. Et en effet, ils engraissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le veulent les traditions frachiniennes : la corpulence majuscule d'un ancien inspire le respect ; les mamelles hypertrophi&#233;es des mamas suscitent l'admiration. L'ob&#233;sit&#233; de l'anc&#234;tre prouve visiblement l'affection que lui portent ses descendants. L'embonpoint &#233;tablit l'honorabilit&#233; des familles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela tourne parfois au drame chez les personnes incapables de cellulite car, en v&#233;rit&#233;, tous les m&#233;tabolismes ne se tiennent pas &#233;gaux dans l'exc&#232;s adipeux. Certains individus ne parviennent jamais &#224; grossir. Ils d&#233;&#231;oivent leurs proches. Des familles avides de respectabilit&#233; gavent leurs vieillards avec un entonnoir comme nous le faisons aux oies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on attend que l'anc&#234;tre affiche un sourire b&#233;at pendant une sieste pour, d'un coup, l'abattre en douceur. Le bonheur int&#233;rieur pr&#233;serve moelleux et d&#233;licatesse de la chair. Au besoin drogue-t-on l'anc&#234;tre pour le plonger dans un &#233;tat d'inconsciente b&#233;atitude. Certes, la mort n'effraie gu&#232;re les Frachiniens. Ils s'y pr&#233;parent avec gourmandise. Encore faut-il compter avec les r&#233;pulsions de derni&#232;re minute, si naturelles chez tout vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; G&#233;n&#233;ralement, une belle rasade d'arak suffit : l'ivresse alcoolique &#233;vacue le stress et procure un bienheureux assoupissement. Pour cette mise &#224; mort rapide et indolore, la famille fait appel &#224; un croque-mort asserment&#233; capable d'&#233;gorger dans la joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce sp&#233;cialiste d&#233;coupera le corps aussit&#244;t. Il le d&#233;pouille. Il le d&#233;bite. Il r&#233;partit muscles et visc&#232;res selon salaisons et conserves. Il lave les boyaux, r&#233;serve le gras-double et les peaux de boudin. Il organise les t&#226;ches de chacun : toute la famille s'active sous sa direction. On hache, on malaxe, on assaisonne. Bient&#244;t les p&#226;t&#233;s embaument dans les fours. Les saucissons roul&#233;s dans la cendre pendent aux plafonds. Dans les jarres, on entasse les graillons. Dans un tonneau, on presse les tranches de lard entre lits de sel et de salp&#234;tre. Un vin joyeux circule. Un neveu baryton, bonne &#226;me, lance un couplet ap&#233;ritif. Les autres reprennent au refrain. On picole, on s'attable, on poivre, on d&#233;guste ce qui, de grand-m&#232;re, n'a pu s'accommoder en longs bocaux. A chaque bouch&#233;e, les convives c&#233;l&#232;brent sa d&#233;funte tendresse, vantent le moelleux de ses embrassades, sa d&#233;lectable g&#233;n&#233;rosit&#233;. On &#233;voque ses gaudrioles, ses amusantes manies, ses d&#233;pravations d&#233;sormais sans cons&#233;quence. &#201;mouvantes agapes fun&#232;bres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traditionnel calendrier lunaire des Frachiniens s'ajuste mal aux anniversaires particuliers. Aussi f&#234;te-t-on les morts nationalement. Chaque village poss&#232;de son parc, bancs et toboggans. Le jour dit, les familles s'y r&#233;unissent. On choisit son ombrage, on &#233;tend sur le gazon l'ultime drap o&#249; l'anc&#234;tre expira. On y dispose ses terrines et salaisons. On ouvre les confits. On en tartine des pains plats. Ainsi, la famille se retrouve-t-elle et communie. Les brus se concertent : elles essaieront de faire durer les viandes de cette grand-m&#232;re jusqu'au prochain d&#233;funt &#224; consommer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enlac&#233;s&#8230;</title>
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		<dc:date>2021-12-24T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;l'accomplissement !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;Images sur mes murs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH135/arton769-e3407.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='135' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tant mieux : &#224; No&#235;l, autant se serrer fort !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.robert-vigneau.fr/blog/IMG/jpg/enlaces.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L500xH725/enlaces-e2cfc.jpg?1769799328' width='500' height='725' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respirer son partenaire, s'en repa&#238;tre l'int&#233;rieur tandis qu'&#224; l'ext&#233;rieur, les corps s'enlacent de telle sorte qu'au dedans comme au dehors se r&#233;alise l'union, &lt;strong&gt;la fusion&lt;/strong&gt; au del&#224; des fronti&#232;res de chaque singulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire &#224; l'amour, vainqueur de solitude !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fid&#233;lit&#233; chirurgicale des Mazures</title>
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		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Si simple de se compliquer la vie !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3567-124e7.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fid&#233;lit&#233; Chirurgicale des Mazures&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une abrupte faille volcanique s&#233;pare les plateaux orientaux de Samulie du reste de l'&#238;le. Elle en a rendu l'acc&#232;s fort difficile avant les souples moyens a&#233;riens actuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une curieuse peuplade vit recluse sur ces hauteurs semi-arides. Les Mazures n'ont pas les traits habituels des autres Samulites : ils ont des cheveux boucl&#233;s, le regard vert ou gris, la peau sombre et surtout un syst&#232;me pileux fort abondant, m&#234;me chez les femmes qui mettent un point d'honneur &#224; exhiber leurs mollets de sanglier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces tribus ont longtemps v&#233;cu en autarcie. Elles ont d&#233;velopp&#233; de coutumes matriarcales qui tiennent les m&#226;les en tutelle, comme des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Mazures en effet, seules les femmes poss&#232;dent pouvoirs et plaisirs. Elles gouvernent les villages. De leur m&#232;re, les filles h&#233;ritent de tous les biens et en disposent. Elles se prom&#232;nent librement par les chemins et dans les rues tandis que les hommes, habituellement clo&#238;tr&#233;s dans les cases, n'apparaissent au dehors qu'accompagn&#233;s de leur m&#232;re, d'une s&#339;ur ou de leur &#233;pouse. Ils ont alors obligation de se voiler la t&#234;te et doivent adopter une attitude timide. Le m&#226;le qui s'aviserait de parler en public, on le traiterait aussit&#244;t de d&#233;vergond&#233; et les femmes de sa propre famille le livrerait volontiers &#224; la lapidation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, les femmes Mazures affichent des moeurs tr&#232;s libres. Leurs amours publiques semblent m&#234;me vivement encourag&#233;es : on voit des dames au march&#233; se retrousser les pagnes et se caresser mutuellement le clitoris en mani&#232;re de salutation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup plus de vagins que de p&#233;nis dans la soci&#233;t&#233; mazure. Certes, cela tient &#224; la banale pratique de l'infanticide masculin : les m&#232;res choisissent de laisser mourir de faim leur rejeton m&#226;le pour r&#233;server leur lait &#224; des nourrissons femelles. Mais cette disparit&#233; num&#233;rique s'explique surtout par la mortalit&#233; pr&#233;coce provoqu&#233;e par la pratique des introcisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Introcision &lt;/i&gt; ? Cette chirurgie rituelle se conduit chez les gar&#231;ons avant la pubert&#233;, avant que ne poussent les poils de l'aine. Sous la surveillance du conseil des matrones, la barbi&#232;re du village ouvre au bas du ventre de l'enfant une entaille assez profonde pour y enfouir la verge non-circoncise. Ensuite, elle replie et recoud bord &#224; bord les l&#232;vres de cette blessure &#224; l'aide d'&#233;pines d'acacias buissonnant, arbuste abondant en ce biotope.&lt;br class='autobr' /&gt;
En cicatrisant, cette blessure maintiendra la verge prisonni&#232;re entre les muscles abdominaux. Cela soustrait la verge aux attouchements et la met hors d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de ne pas g&#234;ner la miction, la barbi&#232;re prend soin de laisser affleurer le pr&#233;puce sous le nombril, au sommet de l'incision. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'introcision - que les Mazures appellent &#034;la dissimulation&#034; - se pratique &#224; vif. &#192; peine fait-on m&#226;cher au patient une poign&#233;e de gloc, herbe ferment&#233;e, l&#233;nifiant assez inapte &#224; tromper une vive douleur. Ces tribus m&#233;prisent les drogues et ignorent les anesth&#233;siques. Elles montrent une &#233;tonnante r&#233;sistance &#224; la souffrance. On se moque des malheureux qui perdent connaissance pendant l'intervention. S'&#233;vanouir abaisse la dot que leur m&#232;re exigera lors de noces futures. &lt;br class='autobr' /&gt;
En cas d'abc&#232;s purulents - il s'en produit dans la plupart des cas - les sages-femmes appliquent en cataplasme un onguent fait pour moiti&#233; de sel pil&#233;, pour moiti&#233; d'excr&#233;ments de moutons. Jusqu'&#224; cicatrisation compl&#232;te, le gar&#231;onnet demeure immobile, &#233;tendu &#224; plat ventre sur un ch&#226;lit perc&#233; qui permet &#224; l'urine de s'&#233;couler sans encombrer la plaie. On le nourrit alors exclusivement de p&#226;te de s&#233;same m&#234;l&#233; &#224; du caill&#233; de brebis. Bien entendu, beaucoup meurent d'atroce gangr&#232;ne. Certaines m&#232;res les &#233;tranglent pour &#233;touffer leurs cris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique traditionnelle de l'intromission explique pourquoi les Mazures m&#226;les se mettent &#224; quatre pattes pour uriner. Cette pratique constitue m&#234;me leur signe distinctif. Leur nom m&#234;me de Mazures, par quoi les Samulites les d&#233;signent, signifie litt&#233;ralement &#034;ceux qui ne portent pas de ceinture&#034; (ce qui doit donc se comprendre comme : &#034;ceux qui ne pissent pas debout&#034;). Eux-m&#234;mes se nomment Djouboh, les purs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le jeune Mazure parvient &#224; l'&#226;ge de procr&#233;er, vers 14 ou 15 ans, sa m&#232;re le pr&#233;pare pour la vente. Elle l'expose nu dans un enclos du march&#233;. Elle a pris soin de le farder et de le d&#233;corer abondamment : une couronne de coquillages blancs, des os polis &#224; travers les narines, les lobes des oreilles et les l&#232;vres, une tresse de plumes de martin-p&#234;cheur autour des testicules, organe dont les Mazures appr&#233;cient la fonction ornementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui d&#233;sirent acqu&#233;rir un m&#226;le engendreur, viendront l'inspecter, examiner sa premi&#232;re barbe, estimer le rugueux prometteur de sa peau, son nouveau poil, l'odeur de sa sueur, la fermet&#233; de ses jeunes &#233;paules. Elles porteront attention particuli&#232;re &#224; la beaut&#233; des pieds dont l'&#233;paisseur traduit, croit-on, la docilit&#233; du sujet. Les filles mazures se marient assez tard, aux alentours de la trentaine. En fait lorsqu'elles commencent &#224; perdre leurs dents. Un couple bien assorti suppose une femme de quinze ans plus &#226;g&#233;e que son conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une femme a trouv&#233; un engendreur &#224; sa convenance, elle l'ach&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se scelle l'union. La femme verse une dot &#224; sa belle-m&#232;re. Cette dot s'appelle, po&#233;tiquement, &#034;l'achat de la dague&#034;. En effet, la m&#232;re du jeune homme doit, en retour, offrir une dague &#224; sa nouvelle bru. Avec cette dague, dans l'intimit&#233; de la chambre nuptiale, l'&#233;pouse incisera le ventre de son jeune mari et en d&#233;gagera la verge pour l'accouplement. &lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, la verge alors lib&#233;r&#233;e ne se trouvera pas en &#233;tat de fonctionner imm&#233;diatement : des ann&#233;es d'introcision ont r&#233;duit cet organe &#224; une sensibilit&#233; d'&#233;corch&#233;e. Le jeune &#233;poux restera donc confin&#233; dans la chambre nuptiale, allong&#233; sur le ventre et li&#233; au ch&#226;lit, jusqu'&#224; ce qu'il puisse accomplir la copulation. Pendant ce temps, des r&#233;jouissances ont lieu dans le village. Elles associent les anc&#234;tres et les dieux &#224; la convalescence du gar&#231;on. Elles cesseront d&#232;s que l'&#233;pouse aura d&#233;clar&#233; avoir consomm&#233; le mariage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une lunaison apr&#232;s la naissance, les matrones se r&#233;unissent et d&#233;clarent l'enfant viable. Ce d&#233;lai s'explique : la plupart des infanticides se produisent dans les vingt-neuf premiers jours. Alors, la sage-femme qui vient d'accoucher la m&#232;re, incise le p&#232;re, dissimule sa verge dans la plaie et recoud les chairs car &#171; la m&#232;re appartient &#224; l'enfant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mazures pensent en effet que les relations h&#233;t&#233;rosexuelles tarissent le lait. On les interdit jusqu'au sevrage qui intervient lorsque le nourrisson atteint trois ann&#233;es lunaires. Alors l'&#233;pouse tranchera &#224; nouveau son mari pour en extraire la verge qu'elle utilisera jusqu'&#224; la prochaine naissance, moment o&#249; il subira &#224; nouveau l'introcision. On rencontre couramment des Mazures m&#226;les, engendreurs de famille nombreuse, qui ont connu douze ou quatorze fois ce genre d'intervention. En fait, entre deux copulations douloureuses, ils ont pass&#233; l'essentiel de leur existence confin&#233;s aux travaux de cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chirurgies provoquent de nombreux accidents. Tout d'abord, en raison des conditions d'hygi&#232;ne plus que rudimentaires. Les Mazures ignorent toute prophylaxie et la notion m&#234;me d'antisepsie leur &#233;chappe. Ils croient que les dieux ou les anc&#234;tres infligent les maladies comme ch&#226;timent ou comme &#233;preuve. De plus, les incisions r&#233;p&#233;t&#233;es favorisent la formation de tumeurs canc&#233;reuses. Surtout, les maladresses nuptiales provoquent h&#233;morragies, mutilation de la verge, graves l&#233;sions, perforations de la vessie, etc. Rien d'&#233;tonnant &#224; ce que trois m&#226;les sur cinq meurent avant trente ans alors que la mortalit&#233; f&#233;minine au m&#234;me &#226;ge reste pratiquement nulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce peuple consid&#232;re sa pratique de la &#034;dissimulation&#034; comme tr&#232;s sage et surtout tr&#232;s utile car elle r&#232;gle les naissances, assure l'harmonie sociale et emp&#234;che la propagation des maladies v&#233;n&#233;riennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les travaux de l'ethnologue am&#233;ricain Peter Daytow ont clairement montr&#233; que l'usage de l'introcision provoque un model&#233; psychologique original, mutilant en particulier le plaisir sexuel : 96 % des m&#226;les mazures affirment ne l'avoir jamais &#233;prouv&#233;, 73 % d'entre eux nient qu'un tel plaisir puisse exister. Ils n'en ont jamais entendu parler . &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois cette carence s'organise dans une vision civilisatrice. Pour les Mazures, en effet, la copulation se borne strictement &#224; la reproduction de l'esp&#232;ce et cette reproduction doit se r&#233;aliser dans le sang et la souffrance pour satisfaire les divinit&#233;s errantes de la savane : la douleur de l'incision du p&#232;re correspond ainsi aux d&#233;chirements de l'enfantement chez la m&#232;re. Les Mazures croient en des dieux vampires qui prot&#232;gent l'enfant dont les parents les ont abreuv&#233; de leur sang. L'introcision appara&#238;t ainsi comme un rite central sur lequel s'appuient les mythes, la religion, la culture et la sensibilit&#233; de ce peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux d&#233;cennies, l'Organisation Mondiale de la Sant&#233; a inscrit &#224; son programme les probl&#232;mes li&#233;s &#224; cette pratique : aspect m&#233;dical, r&#233;sultat d&#233;mographique, impact social. Deux congr&#232;s sur ce sujet ont r&#233;uni d'&#233;minents sp&#233;cialistes et des d&#233;l&#233;gu&#233;s du Tiers-Monde. Le congr&#232;s des Bahamas, en 1985, avait d&#233;cid&#233; de lancer une campagne d'information mondiale afin de r&#233;unir les fonds n&#233;cessaires pour &#233;radiquer ces coutumes d'un autre &#226;ge. Dix ans plus tard, le congr&#232;s de Papeete, qui devait d&#233;cider des moyens &#224; employer, a suivi l'opinion de la majorit&#233; des &#201;tats repr&#233;sent&#233;s : la pratique de la &lt;i&gt;dissimulation&lt;/i&gt; constitue la cl&#233; de vo&#251;te de la soci&#233;t&#233; et de la civilisation des Mazures, actuellement si menac&#233;es. Il convenait donc de respecter cet usage et m&#234;me de l'encourager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Copulation Civique Obligatoire</title>
		<link>http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?article3566</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Devoir copulateur de Samulite !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.robert-vigneau.fr/blog/spip.php?rubrique67" rel="directory"&gt;Proses&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3566-43af8.jpg?1769793849' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Copulation Civique Obligatoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Samulites consid&#232;re la copulation comme un plaisir aussi innocent que la gastronomie ou la peinture. Ils n'en cachent donc pas les organes. Mieux m&#234;me, ils mettent en valeur p&#233;nis et clitoris par le maquillage comme nous autres fardons l&#232;vres ou paupi&#232;res. Ils colorient, coiffent, postichent leurs poils pubiens aussi artistiquement que des cheveux. Leurs v&#234;tements traditionnels m&#233;nagent une fen&#234;tre &#224; l'entrejambe pour exposer ces &#233;l&#233;gances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, lorsque deux Samulites se rencontrent, se congratulent-ils volontiers sur la bonne mine de leur sexe autant que sur l'&#233;clat de leur visage. Ils se flattent mutuellement les testicules de la m&#234;me affection qu'on tapote une joue. Elles se palpent les l&#232;vres vaginales comme on pose une main amicale sur l'&#233;paule. On plaint celui qui exhibe une &#233;rection : n'a-t-il pas joui d'&#233;jaculation r&#233;cente ? Peut-on sur le champ lui calmer l'ardeur ? Alors, aussi simplement que nous allons prendre un verre, on entre dans le premier caf&#233; se masturber ou s'emmancher sur la moleskine des banquettes. L'initiative en revient surtout aux femmes ; l&#233;gitimement, elles en tirent fiert&#233; : la m&#233;daille du M&#233;rite Civique distingue les plus m&#233;ritantes lors de la F&#234;te Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;coles samulites ne se bornent pas &#224; enseigner les m&#233;canismes de la reproduction. Elles pr&#233;tendent entra&#238;ner &#224; l'amour. On le constate en feuilletant les manuels d'&#233;ducation sexuelle, aussi abondamment illustr&#233;s que nos revues pour c&#233;libataires : croquis et clich&#233;s exposent sans fard les rituels du d&#233;sir, les fa&#231;ons de caresses, les positions &#233;rotiques, les moyens de donner et prendre plaisir &#224; la combinaison de la bouche et des doigts ; ils expliquent comment reconna&#238;tre et d&#233;velopper les zones &#233;rog&#232;nes, contr&#244;ler l'&#233;jaculation, &#233;lever l'orgasme. D'ailleurs, en la mati&#232;re, on parle non pas d'enseignement sexuel mais d'&lt;i&gt;&#233;ducation amoureuse&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans cette &#238;le, les lois rendent la Copulation Hebdomadaire Obligatoire (C.H.O.) pour toute personne reconnue nubile. Le l&#233;gislateur a institu&#233; cette obligation pour assurer chaque semaine &#224; tous citoyennes et citoyens un minimum sexuel - de la m&#234;me fa&#231;on que d'autres pays accordent un Revenu Minimum d'Insertion (R.M.I.) aux plus d&#233;munis. Bien entendu, cette obligation n'exclut aucunement les autres accouplements laiss&#233;s au libre d&#233;sir de chaque Samulite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.H.O. doit avoir lieu si possible publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet effet, chaque maison poss&#232;de une v&#233;randa. On y &#233;tend des nattes ; on y dresse des couches de fortune. Les propri&#233;taires l&#233;gitimes s'y livrent aux joies de la copulation &#224; la vue des voisins, des passants mais surtout sous l'oeil attentif de leurs propres enfants. En effet, au m&#234;me titre que la propret&#233; ou la politesse, les parents samulites ont &#224; c&#339;ur de montrer les mani&#232;res et les plaisirs de la sexualit&#233; &#224; leur prog&#233;niture. Ils compl&#232;tent utilement les notions enseign&#233;es &#224; l'&#233;cole. Ils les incitent &#224; mettre en pratique ces rudiments en jouant &#034;au papa et &#224; la maman&#034; avec les autres enfants du quartier invit&#233;s ces nuits-l&#224;. Certaines v&#233;randas bruissent de couples en action : des grands-parents aux marmots, tous les &#226;ges de la vie s'aiment avec un enthousiasme forc&#233;ment communicatif. On cite ces maisons en exemple. On les honore. On les appelle heureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ex&#233;cutants ont pris soin de convoquer l'&#238;lotier de police charg&#233; de constater leurs &#233;bats. Ce dernier appose son tampon officiel sur le C.C.C., le Carnet de Copulation Citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les familles, &#224; vrai dire, ne rencontrent aucune difficult&#233; &#224; appliquer la Copulation Hebdomadaire. Restent cependant nombre de personnes seules, veufs et veuves, divorc&#233;(e)s, travailleurs d&#233;plac&#233;s ou voyageurs solitaires, pour lesquels la recherche de partenaire pose probl&#232;me. Il revient donc &#224; l'&#201;tat d'organiser ce service hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque &#233;cole dispose donc d'un gymnase que les &#233;quipes municipales am&#233;nagent en pr&#233;au d'amour : ils y disposent de petits tapis semblables &#224; ceux utilis&#233;s pour la pri&#232;re dans les mosqu&#233;es. Les personnes c&#233;libataires se pr&#233;sentent &#224; une heure convenue au vestiaire du gymnase. Elles s'y d&#233;shabillent sur des airs de carnaval. On leur remet une serviette de toilette puis elles passent obligatoirement par les douches communes. Il convient en effet de s'offrir &#224; son futur partenaire dans les meilleures conditions d'hygi&#232;ne. Mais &#224; vrai dire, les attirances se r&#233;v&#232;lent gr&#226;ce &#224; la promiscuit&#233; de l'eau et de la mousse si bien que la plupart des couples se forment d&#233;j&#224; sous l'arrosoir. Ceux-l&#224; passeront directement dans le pr&#233;au d'amour et sur le tapis de leur choix, continueront les &#233;bats si bien commenc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres, les d&#233;laiss&#233;s, les ingrats, les coinc&#233;s incapables d'oser s&#233;duire (certes, peu nombreux gr&#226;ce &#224; l'&#233;ducation) se pr&#233;sentent nus devant l'offici&#232;re d'&#233;tat civil - toujours une dame d'exp&#233;rience, cette fonctionnaire, une matrone riche de mansu&#233;tude et famili&#232;re des labyrinthes du d&#233;sir. D'autorit&#233;, elle accouple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle n'h&#233;sitera gu&#232;re &#224; unir un fr&#234;le adolescent &#224; une ob&#232;se octog&#233;naire qui le maternera. Elle appariera tel charretier moustachu et ce turc pel&#233;, ivrogne souffreteux. Elle n'h&#233;sitera pas, non plus, &#224; assembler des trios ou des quatuors. Il s'agit de permettre &#224; tous d'accomplir la C.H.O. et, dans les limites du respect de la vie et de l'exogamie, aucun tabou n'arr&#234;te ces femmes avis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
On croit souvent que les personnes souffrant d'un handicap physique rencontrent beaucoup de difficult&#233; &#224; trouver un partenaire en amour. En r&#233;alit&#233;, il se passe exactement le contraire. Manchots, boiteux, estropi&#233;s soul&#232;vent la compassion et surtout la curiosit&#233;&#8230; Ils ont leurs amateurs, plus nombreux qu'on imagine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Insensibilit&#233; des Narkossis</title>
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		<dc:date>2021-12-21T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Vigneau</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Insensibilit&#233; des Narkossis, &#233;trangers &#224; tous songes&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.robert-vigneau.fr/blog/local/cache-vignettes/L150xH150/arton3565-821cc.jpg?1769805208' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Narkossis n'ont pas invent&#233; le lit ; ils ne disposent d'aucun meuble pour le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'eux a-t-il envie de dormir ? Il ne cherche pas plus loin : il s'assoupit sur place. Coin de table, bout de trottoir, rebord d'orni&#232;re, un rien lui suffit. Il s'&#233;tend. Il ferme les yeux. Il ronfle. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il pleut, il fera certes quelques pas pour s'allonger dans un endroit sec. Mais pour le reste, tout lui convient : la terre battue des pistes, le sable ou le gravier, le granit, l'herbe tendre&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela vaut pour les femmes autant que pour les hommes. Pour les enfants comme pour les vieillards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun moustique n'&#233;meut les Narkossis pendant qu'ils dorment : ils n'en ressentent pas les piq&#251;res. Le sommeil anesth&#233;sie leur cuir. Aucun bruit ne les d&#233;range. Ils semblent clore leurs oreilles de la m&#234;me d&#233;termination que leurs paupi&#232;res. Et quand on leur demande &#224; quoi ils r&#234;vent, leurs yeux s'&#233;carquillent d'incr&#233;dulit&#233; ; des r&#234;ves, ils n'en font jamais. Ils ne comprennent m&#234;me pas de quoi on leur parle. Ils croient que le sommeil, &#233;tat de marbre psychologique, constitue une modalit&#233; de la mort, dont on ressuscite au r&#233;veil. Peut-on garder m&#233;moire de l'au-del&#224;, en v&#233;rit&#233; ? Aussi n'ont-ils aucune appr&#233;hension de la mort d&#233;finitive &#224; laquelle l'assoupissement les entra&#238;ne quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu si un passant ou une passante se trouve dans l'urgence de copuler, ceux-ci n'h&#233;siteront pas un instant &#224; retrousser la gandoura du dormeur ou de la dormeuse. Nulle pudeur ne les effleure. Ils ex&#233;cutent sur le champ leur petite affaire, rabattent la gandoura et continuent leur chemin. La personne ensommeill&#233;e n'a rien senti : ni plaisir ni d&#233;sagr&#233;ment. Elle ronfle de plus belle. Les autres promeneurs ne pr&#234;tent aucune attention &#224; ces gymnastiques pour eux banales. Certains cependant, excit&#233;s par contagion, il leur prend fantaisie de se soulager &#224; la suite. Ils attendent leur tour, align&#233;s comme chez nous on guette l'autobus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot amour n'existe pas en mandoqu&#233;, langage des narkossis. Le mot haine non plus, d'ailleurs. Autant que la d&#233;cence, le peuple de cette &#238;le ignore donc les sentiments. Chez eux, ni fid&#233;lit&#233; en amour, ni instinct maternel, ni attachement filial&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, notre fa&#231;on de mariage les amuse beaucoup : quel int&#233;r&#234;t un homme et une femme trouvent-ils &#224; vivre born&#233;s &#224; la monotonie de leur couple ? Quelle frilosit&#233; traduit cette exclusivit&#233; conjugale quand l'assoupissement des corps assouvit, aux carrefours, la m&#234;l&#233;e d'app&#233;tits imm&#233;diats ? Nos fid&#233;lit&#233;s du couple leur paraissent farfelues ou hypocrites. Ils y voient une honte de nos pulsions organiques que nous dissimulerions derri&#232;re les grandiloquences de la passion. En v&#233;rit&#233;, il leur manque simplement de ressentir l'amour. Pareils &#224; des animaux, les Narkossis !&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me un b&#233;b&#233; na&#238;t-il quelque part, toutes les mains de la rue s'en emparent. Il passe d'une mamelle &#224; l'autre. Nul ne s'inqui&#232;te de la m&#232;re biologique. D'ailleurs cette derni&#232;re tient d&#233;j&#224; un autre nourrisson pendu &#224; sa poitrine. Elle n'a pas &#224; regretter une prog&#233;niture qu'elle n'avait m&#234;me pas capt&#233; en sa m&#233;moire. Ainsi poussent les enfants, dans un phalanst&#232;re spontan&#233; o&#249; personne n'identifie ni ses rejetons ni ses g&#233;niteurs. J'ai vu des vieillards &#233;dent&#233;s t&#233;ter des parturientes. Qui sait : leurs propres filles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, les Narkossis ne comprennent-ils pas que nous nous d&#233;lections aux affres de Rom&#233;o et Juliette, l&#233;gende dont les ressorts leur &#233;chappent totalement. Leur po&#233;sie &#233;vite tout &#233;moi. Elle revendique la froideur. Elle se borne &#224; d&#233;crire sans rythme des paysages souvent ruraux en &#233;nigmatiques chapelets de m&#233;taphores sans rime. Cette forme rend la po&#233;sie narkossie vraiment facile &#224; traduire et &#224; placer en contrepoint de notre propre po&#233;sie contemporaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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