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Champion
Mes frangins spermatozoïdes,
Riez tous de finir vaincus
Par ma victoire fratricide :
Moi seul de tous aurai vécu.
Je l'ai gagné, le marathon !
Depuis je cours, cours et redoute
Le décisif coup de bâton
Qui me couchera sur la route.
Riez, battus du peloton,
D'échapper aux vifs des années
Quand il faut tout abandonner
De la présence et de ses dons.
Vous étiez morts avant de vivre,
Vous ignorez le sourd cadeau
Dont la mort détestée délivre :
La peur quand tombe le rideau.
Riez, enfuis sans voir le jour,
Jamais touchés par les vertiges,
Jamais effleurés des amours.
Je respire et je m'en afflige.
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